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Les maisons à pans de bois si nombreuses à Rennes

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mardi 8 octobre 2019, par Stephanus

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[[Catégorie:Architecture|pans de bois]]
 
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Malgré les destructions importantes liées à l’incendie de 1720, Rennes est la cité bretonne où se trouvent le plus de maisons à pan-de-bois (ou maisons à colombages). Aucune étude, avant celle de Daniel Leloup,   ''Rennes une capitale en pan-de-bois'' Matthieu Le Boulch, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 125-4 - 2018, 180-182.sur la toile :
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Malgré les destructions importantes liées à l’incendie de 1720, Rennes est la cité bretonne où se trouvent le plus de maisons à pan-de-bois (ou maisons à colombages). Aucune étude, avant celle de Daniel Leloup,   ''Rennes une capitale en pan-de-bois'' Daniel Leloup, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 125-4 - 2018, 180-182.sur la toile :
 
http://journals.openedition.org/abpo/4226 ne traitait du pan-de-bois de manière aussi transversale et historique. Au hasard des rues situées autour du centre de la ville reconstruit après le grand incendie, on les rencontre et on les admire, nez levés[[Hymne à Rennes]] quatrain 79.
 
http://journals.openedition.org/abpo/4226 ne traitait du pan-de-bois de manière aussi transversale et historique. Au hasard des rues situées autour du centre de la ville reconstruit après le grand incendie, on les rencontre et on les admire, nez levés[[Hymne à Rennes]] quatrain 79.
  
Dès le 13e siècle, Rennes s'était dotée d’un bâtiment public en pan-de-bois : la Cohue. Au 15e siècle, Plusieurs modèles cohabitent à la fin du Moyen Âge, ayant pour point commun une section importante des pièces de bois. D’un côté les maisons à fenestrage continu et poteaux élargis (3, [[rue du Chapitre]] ; 32, [[rue de Saint-Malo]]), réservées à une élite urbaine, de l’autre le bâti ordinaire constitué de « maisons-couloirs » avec largeur de façade sur rue réduite.
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Dès le 13e siècle, Rennes s'était dotée d’un bâtiment public en pan-de-bois : la Cohue. Plusieurs modèles cohabitent à la fin du Moyen Âge, ayant pour point commun une section importante des pièces de bois. D’un côté les maisons à fenestrage continu et poteaux élargis (3, [[rue du Chapitre]] ; 32, [[rue de Saint-Malo]]), réservées à une élite urbaine, de l’autre le bâti ordinaire constitué de « maisons-couloirs » avec largeur de façade sur rue réduite. Ona recensé à Rennes 160 maisons datées de la première moitié du 15e siècle
 
[[File:Rennes pl Ch-Jacquet DSCN1770.jpg|Rennes pl Ch-Jacquet DSCN1770|300px|left|thumb|Les immeubles en rive nord de la place du Champ Jacquet. (Photo Sokoljan, de WIkimedia Commons)]]
 
[[File:Rennes pl Ch-Jacquet DSCN1770.jpg|Rennes pl Ch-Jacquet DSCN1770|300px|left|thumb|Les immeubles en rive nord de la place du Champ Jacquet. (Photo Sokoljan, de WIkimedia Commons)]]
  
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Le Grand Siècle constitue l’apogée de ce mode de construction. Le modèle classique, avec ses façades plates, ses matériaux mixtes et ses nouvelles formes de toiture peine à s’imposer complètement. L’innovation majeure réside dans l’inventivité des menuisiers qui développent de nouveaux modèles d’escaliers, à jour central, rampe droite et balustres à simples ou doubles poires, dont de très beaux exemples sont encore conservés dans les immeubles de la [[place des Lices]], ou de la rue du Chapitre à l'hôtel de l’Escu de Runfao.
 
Le Grand Siècle constitue l’apogée de ce mode de construction. Le modèle classique, avec ses façades plates, ses matériaux mixtes et ses nouvelles formes de toiture peine à s’imposer complètement. L’innovation majeure réside dans l’inventivité des menuisiers qui développent de nouveaux modèles d’escaliers, à jour central, rampe droite et balustres à simples ou doubles poires, dont de très beaux exemples sont encore conservés dans les immeubles de la [[place des Lices]], ou de la rue du Chapitre à l'hôtel de l’Escu de Runfao.
  
Après l’incendie de 1720 le pan-de-bois, malgré les règlements d’urbanisme dictés par l’ingénieur Robelin et l’architecte Gabriel limitant son utilisation aux refends, continue d’être employé comme matériau principal, dans les galeries et escaliers sur cour de la place du Palais ou dans les baraques construites pour loger les sinistrés. L’architecture aux pans de bois sera dépréciée au siècle suivant, au profit de la pierre. Le Rennais [[Paul Féval]], né dans la rue du Chapitre, dénigra cette architecture à pans-de-bois au 19e siècle. Les guides de voyage du 19e siècle feront chorus''Rennes dans les guides de voyage du XIXe siècle'', Étienne Maignen.[[ Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine (SAHIV)]] Bulletin et Mémoires T. CXII - 2008 . Le manque d’entretien et la paupérisation des propriétaires expliquent en partie cette vision misérabiliste et justifieront un siècle plus tard les destructions faites au nom de la modernité. On  cache donc les pans de bois sous une couche de crépi uniforme.
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Après l’incendie de 1720 le pan-de-bois, malgré les règlements d’urbanisme dictés par l’ingénieur Robelin et l’architecte Gabriel limitant son utilisation aux refends, continue d’être employé comme matériau principal, dans les galeries et escaliers sur cour de la place du Palais ou dans les baraques construites pour loger les sinistrés. L’architecture aux pans de bois sera dépréciée au siècle suivant, au profit de la pierre. Le Rennais [[Paul Féval]], né dans la rue du Chapitre, dénigra cette architecture à pans-de-bois au 19e siècle. Les guides de voyage du 19e siècle feront chorus ''Rennes dans les guides de voyage du XIXe siècle'', Étienne Maignen.[[ Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine (SAHIV)]] Bulletin et Mémoires T. CXII - 2008 . Le manque d’entretien et la paupérisation des propriétaires expliquent en partie cette vision misérabiliste et justifieront un siècle plus tard les destructions faites au nom de la modernité. On  cache donc les pans de bois sous une couche de crépi uniforme.
  
 
L’habitat à pan-de-bois connût au 20e siècle un lent regain de considération ; en 1923 le premier immeuble classé est la Maison Ty Koz, [[rue Saint-Guillaume]]. La mise en place du secteur sauvegardé en 1985, qui suit en partie les contours des anciennes enceintes, rend le centre-ville intouchable. Les destructions se concentrèrent donc dans les faubourgs, au point que, sous la municipalité de [[Henri Fréville]], plus de la moitié des immeubles antérieurs au 18e siècle disparurent pour faire place aux opérations de rénovation. Si l’avenir du patrimoine en pan-de-bois semble assuré pour le secteur sauvegardé, [[Les Amis du Patrimoine rennais]] constatent bien des destructions ailleurs.
 
L’habitat à pan-de-bois connût au 20e siècle un lent regain de considération ; en 1923 le premier immeuble classé est la Maison Ty Koz, [[rue Saint-Guillaume]]. La mise en place du secteur sauvegardé en 1985, qui suit en partie les contours des anciennes enceintes, rend le centre-ville intouchable. Les destructions se concentrèrent donc dans les faubourgs, au point que, sous la municipalité de [[Henri Fréville]], plus de la moitié des immeubles antérieurs au 18e siècle disparurent pour faire place aux opérations de rénovation. Si l’avenir du patrimoine en pan-de-bois semble assuré pour le secteur sauvegardé, [[Les Amis du Patrimoine rennais]] constatent bien des destructions ailleurs.

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