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Clap de fin pour La Niña

lundi 7 juin 2021, par daphne.maresca

La saison 2020-2021 est la cinquième plus humide qu’ait connu la Nouvelle-Calédonie depuis une cinquantaine d’années. Si La Niña est synonyme de davantage de précipitations (contrairement à El Niño) et de températures plus élevées, cet épisode a largement dépassé les prévisions. Celles-ci misaient sur une augmentation de 20 % alors qu’en moyenne, ce sont 57 % de pluies en plus qui sont tombés sur le Caillou. Un phénomène jugé exceptionnel par les météorologues « qui ne revient en moyenne que tous les dix ans », a signalé Thomas Abinun, climatologue à Météo-France Nouvelle-Calédonie.

 

Record de pluie

Après un démarrage timide en octobre-novembre, la population a encore en mémoire les épisodes orageux qui se sont succédé de décembre à mai avec de graves conséquences pour les agriculteurs du pays. Les stations ont relevé à plusieurs reprises des cumuls de 100 mm de pluie en 24 heures, « alors que le cumul mensuel habituel est de l’ordre de 200 mm. Cela a vraiment marqué les esprits », a rappelé le météorologue.  Des records ont été atteints à Dumbéa avec 419 mm en 48 heures, à Yaté avec 430 mm en 12 heures ou à Thio-Borendi avec 627 mm en 24 heures. La côte sud-est a d’ailleurs été la plus arrosée, même si le phénomène a été observé globalement partout sur le territoire.

 

Encore de l’humidité en juin

Côté chaleur, les températures ont été, comme prévu, le plus souvent supérieures aux normales de saison (+ 0,5 ° C en moyenne). Une conséquence de La Niña, « combinée au réchauffement climatique global », a précisé Thomas Abinun.

Avec deux phénomènes qui ont directement touché la Nouvelle-Calédonie, Lucas en février et Niran en mars, l’activité cyclonique a, elle aussi, été conforme aux prévisions. Pour les mois à venir, il faut s’attendre « à entrer dans une saison fraîche légèrement plus humide et plus chaude que la normale en raison de résidus de températures océaniques encore élevées, typiques de La Niña, au voisinage de la Nouvelle-Calédonie ». Quant à l’année prochaine, les scénarios les plus probables sont un éventuel retour du phénomène ou une situation neutre, ni Niña, ni Niño. Les climatologues seront en mesure de se prononcer à partir de septembre-octobre.

 

 

L’influence du réchauffement climatique
Si les intrusions répétées d’air tropical humide et chaud, en lien avec La Niña, sont une des causes des températures élevées de la saison 2020-2021, le réchauffement climatique global en est une autre. En Nouvelle-Calédonie comme partout ailleurs, le climat se réchauffe avec une augmentation des températures de 1,2 °c en 50 ans. « Cette tendance mondiale agit aussi sur les températures des océans qui sont un des indicateurs de La Niña. Ils évoluent donc à la hausse au même titre que l’océan se réchauffe, a expliqué Thomas Abinun. Rien ne démontre pour l’instant que cela modifie le temps en Nouvelle-Calédonie mais ce sont des sujets de travaux », a ajouté le climatologue du service de la météorologie. Parmi les conséquences, chaque nouvel épisode La Niña pourrait par exemple être plus fort que le précédent.

Voir en ligne : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie / Clap de fin pour La Niña

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