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L’art d’être parent

mercredi 8 septembre 2021, par julien.masson@bpi.fr

usager consultant un ouvrage près du bureau sociologie
Une grande sélection documentaire sur la parentalité à consulter au niveau 2 / Photo : Julien Masson – Bpi

La crise sanitaire et les confinements successifs ont bouleversé la relation quotidienne à l’enfant et réinterrogé en profondeur les liens familiaux.
A cette occasion, la Bibliothèque publique d’information vous propose au niveau 2 du 7 septembre au 4 octobre 2021 une sélection de documents et de ressources en Psychologie, Sciences sociales ou Histoire autour des parentalités, à consulter aux trois tables près des bureaux Psychologie/Philosophie, Sciences Sociales et Histoire.  Nos bibliothécaires vous propose également une bibliographie à consulter en ligne ou télécharger.

Psychologie et parentalités

Par quel processus psychique devient-on parent ? Comment se construit-on une identité parentale ? Comment s’élabore l’attachement entre le parent et l’enfant ? Les recherches en psychologie et en psychanalyse se multiplient pour étudier les nouvelles formes de parentalité: coparentalité, parentalités transgenres, techniques de procréation assistée, familles monoparentales, familles adoptives, polyparentalité. La condition de parent est en constante mutation. En cas de troubles ou de difficultés surgissant dans un moment de crise, un suivi psychologique et des lieux d’accueil pour les parents existent pour accompagner ces évolutions, ainsi que des publications pour les analyser.

Les parentalités dans les sciences sociales

La « Parentalité » est un terme qui date de la fin du XXe siècle, pour définir la parenté, la fonction d’être parent dans ses aspects juridiques, politiques, socio-économiques, culturels et institutionnels.
Dans le champ sociologique, le concept de parentalité permet de décrire les nouvelles formes de conjugalités, de vies familiales, et de structures familiales (famille monoparentale, famille homoparentale, famille recomposée, adoption etc…). Il analyse également l’exercice des fonctions parentales (être de « bons parents ») ainsi que les risques sociaux encourus par les familles qui seraient défaillantes en examinant les politiques familiales et sociales. Les débats récents autour de la Procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui (GPA) réinterrogent ce concept.
La notion de parentalité, rattachée à celle de la famille, évolue dans le temps et diffère en fonction des sociétés. C’est là qu’intervient le domaine de l’anthropologie qui étudie ces différentes formes familiales dans les cultures, peuples et pays. La famille est avant tout et surtout une institution dont les normes, les lois, les coutumes, les représentations collectives sont celles de toute la société dans laquelle se trouve cette cellule familiale.
Cette étude se fait d’abord dans des communautés villageoises perçues comme relevant de l’anthropologie à cause de leur caractère « traditionnel ». Puis, dans les années 1950, plusieurs recherches de type ethnographique et sociologique ont été menées afin d’étudier l’impact de l’urbanisation, de l’industrialisation et des migrations sur les relations de parenté.
Au tournant des années 1970, les études anthropologiques sur la parenté en Occident ont pris un virage important avec de nouveaux éléments empiriques : les relations entre cousins germains, la place des femmes dans les échanges familiaux, la nomination et la transmission symbolique des identités, la mémoire, les rituels de naissance et de mariage. Et enfin, plus récemment, émergent les nouvelles formes de parentalité euro-américaines : nouvelles configurations parentales : les membres ne sont parfois liés ni par la loi ni par le sang (conjoints, parents, parents adoptifs…)

Histoire des parentalités

La parentalité est l’un des aspects les plus intimes de la vie, mais elle a toujours répondu à des injonctions, des codes ou des modèles collectifs. Son histoire reflète les fonctionnements sociaux et politiques des civilisations et des Etats. Être parent, dans l’histoire de l’Occident, fut d’abord une fonction : celle de la perpétuation des lignées et de la transmission des biens matériels et symboliques.
Si, dans les mondes antiques, le pouvoir des pères est considérable (un romain a, en théorie, droit de vie ou de mort sur sa progéniture), tout enfant reçoit en fait son statut de la mère : ainsi, un bébé né d’une mère esclave aura un destin d’esclave, quelque soit le rôle du père dans la cité. A Rome, c’est la loi et non le sang qui définit la parentalité : l’adoption est alors chose courante.
Au Moyen-âge, le mariage chrétien améliore la condition maternelle. Le divorce est interdit. L’intervention de l’Etat dans la vie privée entraîne un relatif déclin juridique de la puissance paternelle: la vente d’enfants est prohibée, tout comme l’union incestueuse, et la possibilité d’abandonner, restreinte. L’étude des sources médiévales indique une forte présence du père auprès de ses enfants : il les accompagne bien souvent de ses soins et de sa tendresse jusqu’à l’âge adulte. Une femme peut, quant à elle, choisir de ne pas se marier ni enfanter en rentrant dans les ordres.
Sous l’Ancien Régime, la grossesse, l’allaitement et l’éducation des enfants restent dévolus aux femmes. Les dames de qualité confient leur nourrisson et n’élèvent pas elles-mêmes leurs enfants, ce qui introduit d’autres formes de parentalité. La fonction maternelle, assurée par des nourrices ou des gouvernantes, n’est pas exclusivement affaire de genre, mais aussi de classe sociale.
Avec la fin de la monarchie s’ébrèche l’autorité patriarcale surpuissante : l’enfant est de plus en plus cajolé, valorisé; le père affirme sa responsabilité en matière d’éducation et de transmission. 1789 tente d’instituer une égalité au sein des membres de la famille.
Au XIXème siècle, l’avènement de la société industrielle bouleverse encore une fois les rôles : les mères issues des couches populaires s’exilent en ville et travaillent dans des conditions très précaires pour élever leurs enfants. Dans les milieux bourgeois, le modèle familial est fondé sur le partage traditionnel des tâches: la mère au dedans, le père au dehors.
Au début du XXème siècle, les premières féministes, les fameuses suffragettes, revendiquent des droits sociaux spécifiques aux mères démunies: congé maternité, logement décent, couches gratuites… Après le traumatisme de la Grande Guerre, les politiques mises en place encouragent la natalité. Des lois répriment la contraception et l’avortement, la création d’allocations familiales favorise les nombreuses naissances. Cette pression nataliste atteint son paroxysme en France sous Vichy, qui nationalise la “fête des mères”, priées par la même occasion de rester au foyer. L’avortement devient crime d’Etat.
Après 1945, la maternité se médicalise et les femmes accouchent hors du toit familial. La pédiatrie et la pédopsychiatrie s’emparent de l’éducation et du soin des enfants. Les Trente Glorieuses voient se généraliser le travail des mères, qui maîtrisent mieux les naissances, qui se programment et se refusent plus facilement. La publication du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir (1949), la diffusion des idées féministes puis la dépénalisation de la contraception (1967) et de l’avortement (1975) redéfinissent complètement la maternité et ses enjeux. Elle doit être épanouissante ou ne pas être. Le taux de natalité s’écroule alors.
La fonction paternelle est également bouleversée : les rôles parentaux sont aujourd’hui redéfinis, la mère est devenue l’égale du père, même si dans les faits, de nombreuses charges pèsent encore sur ses seules épaules.

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