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Les données publiques, un outil pour les services publics ?

vendredi 10 septembre 2021, par Christophe Garnier

Les données publiques, un outil pour les services publics ? Christophe Garnier ven 10/09/2021 - 16:36 Retour sur l’épisode 6 des "Mardis de l'Innovation", organisé par la DITP le 7 septembre dernier, avec les regards croisés d’experts de la valorisation des données : Audrey Moisan, Chef de projet, Mission Innovation de la Direction interministérielle de la transformation publique ; Mathilde Hoang, Head of open data and data sharing chez Etalab (Direction interministérielle du numérique), Cécile Le Guen, Cheffe de projets Data Science à la DITP et Louis Rached Responsable Innovation et Digital, Ville d'Issy-les-Moulineaux.
Webinaire
Mission « Innovation publique »

Quels sont les enjeux et objectifs autour la valorisation des données publiques ? De quelle façon les politiques de la donnée publique peuvent-elles œuvrer dans l’intérêt des agents et des usagers ? Concrètement comment les services publics (administrations, mais aussi collectivités et autres acteurs du service public) peuvent-ils mettre en œuvre une stratégie de d’ouverture, d’usage et de valorisation des données ? Quels sont aujourd'hui les enjeux et les défis principaux en termes de transparence et d’accès à la donnée ?

Quelques réponses et pistes de réflexion d’experts et praticiens de la prospective :

Mathilde Hoang, Head of open data and data sharing chez Etalab (Direction interministérielle du numérique), est revenue sur l’historique de l’utilisation des données par la puissance publique. Si la notion de donnée a fortement irrigué le débat public ces 20 dernières années, l’Etat est en réalité producteur de données depuis le XVIIème siècle. Toutefois, la période actuelle est caractérisée par une baisse du coût de production des données et une plus grande facilité dans le traitement et la circulation des données, ce qui explique la prise en compte accrue de ces enjeux.

Elle a par ailleurs évoqué le projet « Signaux faibles » destiné à mieux cibler les interventions en remédiation de l’État vers les entreprises en difficulté grâce à l’utilisation des données.

La donnée est devenue un levier pour mieux mettre en œuvre les politiques publiques, pour être plus transparent, et créer de la valeur à l’intérieur et à l’extérieur de l’administration.

Mathilde Hoang, Head of open data and data sharing chez Etalab

Louis Rached, Responsable Innovation et Digital à la Ville d'Issy-les-Moulineaux, a évoqué la politique menée par la ville en matière de données, et notamment la mise en oeuvre du tableau de bord « Data Issy ». Il a ensuite expliqué comment l’utilisation des données peut contribuer à la conduite des politiques publiques, notamment en matière de végétalisation ou encore de suivi des émissions de CO2 dans la ville.

La mise à disposition des données sur data.issy.com répondait à trois buts : avoir plus de transparence vis-à-vis des citoyens, avoir une donnée pratique, et mettre en place une démarche utile et efficace.

Louis Rached Responsable Innovation et Digital, Ville d'Issy-les-Moulineaux

Cécile Le Guen, Cheffe de projets Data Science à la DITP, a ensuite explicité le rôle joué par les données dans le suivi des réformes prioritaires du gouvernement et présenté le Baromètre des résultats de l’action publique. Elle est notamment revenue sur le dispositif de collecte de la donnée mis en oeuvre dans ce cadre afin d’organiser la remontée de la donnée à la maille des territoires.

L’objectif du Baromètre des résultats de l’action publique est de suivre l’avancée des réformes prioritaires du gouvernement. L’idée est de participer au suivi de ces réformes de manière territorialisée, davantage par l’impact que par la dépense budgétaire.

Cécile Le Guen, Cheffe de projets Data Science à la DITP
Wébinaire "Les données publiques, un outil pour les services publics ?"

Les mardis de l'innovation

Chaque premier mardi du mois, la Direction interministérielle de la transformation publique propose des rencontres en ligne pour décrypter les grands enjeux de l'innovation publique avec des penseurs, experts, intellectuels, et des professionnels qui agissent sur le terrain.

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Appliquer le principe du Gouvernement Ouvert aux algorithmes publics, avec Soizic Pénicaud et Simon Chignard

Pour son 6ème micro ouvert, la Direction interministérielle de la transformation publique, chargée d’animer l’élaboration du nouveau plan d’action de la France pour un Gouvernement ouvert a accueilli le 21 mai 2021, Soizic Pénicaud et Simon Chignard, experts du Gouvernement ouvert et de la transparence des algorithmes chez Etalab (Direction interministérielle du numérique). Webinaire
Mission « Innovation publique »

Soizic Pénicaud, spécialiste des sujets de collaboration entre la recherche et la société civile, et Simon Chignard, chercheur et spécialiste de la donnée, ont porté ensemble l'engagement n°6 du dernier plan d'action Gouvernement ouvert de la France : "Renforcer la transparence des algorithmes et des codes sources public". Ils évoquent, pour nous, la place croissante donnée aux algorithmes dans les services publics et les enjeux de transparence et de compréhension qu’ils entraînent pour les usagers mais également pour les agents publics.

Algorithmes : un rôle prépondérant dans l’évolution des services publics

En Europe, l’action publique fait de plus en plus appel aux algorithmes. En France, l’attribution des greffes de cœur est, par exemple, déterminée par algorithmes. En Italie, plusieurs régions comme la Lombardie ou le Piémont les ont récemment utilisés pour optimiser la stratégie vaccinale, entraînant un débat au plus haut sommet de l’Etat sur l’égalité d’accès des citoyens au vaccin contre la covid-19. La Commission européenne vient, pour sa part, de publier un draft pour une régulation et un encadrement de l’intelligence artificielle. « Tout cela soulève des enjeux de transparence, d’explication et même de contestation de décision prise à partir d’un algorithme », rappelle en introduction Simon Chignard.

"Quand on parle d’algorithme en France, on imagine souvent intelligence artificielle, reconnaissance faciale, tout un tas d’applications relativement évoluées (…). Pourtant, il y a une succession de vagues qui se complètent avec, dans les années 60-70, des algorithmes relativement simples qui ont permis l’automatisation de l’attribution de droits selon des critères prédéfinis, notamment dans la sphère socio-fiscale. A partir des années 90, une seconde vague a pris la forme de traitements algorithmiques pour faire de l’appariement entre offre et demande (Parcoursup en est un exemple actuel). Enfin, un troisième type de traitement algorithmique est apparu pour assurer de la prédiction comme l’outil d’analyse et de ciblage Signaux faibles"

Simon Chignard, chercheur et spécialiste de la donnée (Etalab)

Soizic Pénicaud constate, quant à elle, que lorsqu’on parle d’algorithmes, on pense souvent à des mécanismes automatiques orientés vers l’usager mais elle rappelle que les agents publics ont un rôle énorme à jouer dans la manière dont ils les intègrent dans leur prise de décision : "par exemple, certains d’outils d’aide à la décision priorisent certains contrôles en attribuant des « scores de risques ». Il importe donc que les agents utilisateurs soient impliqués dans le processus de compréhension de l’algorithme créé. Face à un écran, les agents doivent pouvoir conserver leur savoir métier et garder de la distance par rapport à ce que peut dire la machine. Pourtant, le sujet de « l’explicabilité » et de la transparence des algorithmes auprès des agents publics eux-mêmes reste encore peu exploré."

Algorithmes publics : un enjeu de transparence pour "comprendre, contester et discuter" le rôle de la machine dans la décision publique

La création d’un algorithme se heurte parfois à la logique du législateur. Comme l’explique Simon Chignard, « le travail du législateur va inclure des zones de flou liées des situations particulières. Parfois, le législateur ou l’administration en a parfaitement conscience et ce flou permet d’exercer un pouvoir discrétionnaire, c’est-à-dire la capacité a traité un dossier d’une manière qui n’est pas automatique ». Cette logique est radicalement inverse à celle d’un codeur en charge de la programmation d’un algorithme : « A l’inverse, le flou est un grain de sable dans les rouages pour le codeur. La question est donc de réunir les deux positions. Doit-on écrire la loi comme des programmes informatiques ou bien trouver des langages intermédiaires pour rapprocher les points de vue. Plus le code sera ouvert, plus les choix seront transparents et plus il sera possible d’en discuter. » Soizic Pénicaud sur le sujet du référencement des algorithmes existants ajoute :

"Il est souhaitable que les administrations publient les règles de leurs principaux systèmes algorithmiques. Au niveau international, la société civile fait un travail énorme de recensement et de remise en question des modèles algorithmiques. Comprendre, contester et discuter : cette transparence doit inciter à impliquer les agents, les citoyens et la société à la réflexion préalable à la décision de construire ou non un algorithme informatique pour telle ou telle décision publique."

Soizic Pénicaud, spécialiste des sujets de collaboration entre la recherche et la société civile (Etalab)

Le replay

Le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, qu'est-ce que c'est ?

Ce « Micro ouvert » est le 3ème rendez-vous d’un cycle de conversations animé par la DITP pour les agents publics, entrepreneurs, designeurs  qui souhaitent participer à l’élaboration du plan d’action de la France 2021-2023.

Dans le cadre du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, la France élabore cette année son plan d’action 2021-2023 pour améliorer l’efficacité et la transparence de l’action publique en associant encore davantage les citoyens et la société civile à sa conception, sa production et son évaluation.

Animée par la direction interministérielle de la transformation publique (DITP), la démarche sera rythmée par les contributions apportées en ligne, l’organisation d’ateliers, de forums open d’Ewtat entre mai et septembre. L’objectif est de parvenir à une construction commune d’engagements qui seront inscrits au sein du plan d’action. La finalisation de ce dernier est prévue à la fin de l’été 2021.

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Mardi de l'Innovation #5 : comment inscrire la participation citoyenne dans les projets des tiers-lieux et des labs ?

Rendez-vous le mardi 6 juillet à 9h30 pour notre épisode #5 sur le thème " Participation citoyenne et laboratoires d'innovation territoriale ". "Les "Mardis de l'innovation", un rendez-vous mensuel organisé par la DITP pour explorer une thématique d’innovation publique avec les regards croisés de techniciens et d’experts. Les mardis de l'innovation

Les tiers lieux et les laboratoires d'innovation territoriale sont des espaces de participation dans les territoires. Comment inscrire durablement les enjeux et objectifs de la participation citoyenne dans ces dynamiques territoriales ? De quelles manières les tiers-lieux et les labs peuvent-ils contribuer aux dynamiques d’inclusion, de collaboration et d’innovation qui intègrent des démarches citoyennes?

Grâce aux témoignages et retours d’expérience d’acteurs mobilisés sur ces enjeux, l’équipe innovation de la DITP vous invite à réfléchir à la manière dont la participation citoyenne peut s’intégrer dans les tiers lieux et laboratoires d'innovation territoriale.  

Nos intervenants :

  • Audrey Moisan, Chef de projet, Mission Innovation de la Direction interministérielle de la transformation publique
  • Typhanie Scognamiglio, Responsable du Centre Interministériel de la Participation Citoyenne au sein de la DITP
  • Julie Chabaud, Responsable de la mission Agenda 21 - Labo'M21 / LaBase
  • Rémy Seillier, Responsable du développement, France Tiers-Lieux

 

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Mardi de l'Innovation #4 : « Comment intégrer le design fiction dans une stratégie de transformation publique ? »

Rendez-vous le mardi 1er juin à 9h30 pour notre épisode #4 sur le thème " Design fiction et innovation publique". "Les "Mardis de l'innovation", un rendez-vous mensuel organisé par la DITP pour explorer une thématique d’innovation publique avec les regards croisés de techniciens et d’experts. Webinaire
Mission « Innovation publique »

Pratiquer la prospective, et donc mieux anticiper des problématiques futures, est un outil essentiel pour la conduite de l’action publique. Parmi les pratiques et les approches à disposition des acteurs publics pour conduire de telles démarches de prospective, on trouve le design fiction.

Grâce aux témoignages et retours d’expérience d’acteurs mobilisés sur ces enjeux, l’équipe innovation de la DITP vous invite à réfléchir à la manière dont le design fiction peut s’intégrer dans une stratégie de transformation publique : Qu’est-ce que le design fiction ? Quelles sont les synergies existantes entre le design fiction et les dynamiques d’innovation publique ? Comment utiliser le design fiction comme outil de projection et, in fine, de prise décision ?

Nos intervenants : 

  • Audrey Moisan, Chef de projet, Mission Innovation de la Direction interministérielle de la transformation publique
  • Régis Chatellier, Chargé d’études prospectives à la CNIL et contributeur du LINC (Laboratoire d’innovation numérique de la CNIL)
  • Mathilde Herman, Cheffe de la Cellule Relations Institutionnelles à l’Agence de l’Innovation de Défense
  • Max Mollon, Designer et chercheur, Fondateur du design Fiction Club et du projet Politique Fiction

Pour suivre notre webinaire "Design fiction et innovation publique", inscrivez-vous en cliquant sur le lien ci-dessous :

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Voir en ligne : modernisation.gouv.fr / Les données publiques, un outil pour les services publics ?

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