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Quel rôle de la formation pour prévenir la désinsertion professionnelle ?

vendredi 8 octobre 2021, par Mariette Kammerer

Permettre aux travailleurs de rester en emploi sans dégrader leur santé, ou malgré un problème de santé, est d’autant plus important que la vie professionnelle s’allonge, rappelaient les intervenants d’une table-ronde organisée par l’Ajis. La prévention de la désinsertion professionnelle a d’ailleurs été renforcée par la loi sur la santé du travail du 2 août 2021, dont les décrets sont attendus pour janvier 2022.

Formation des salariés inaptes

« En matière d’outils en faveur de la formation, cette loi élargit l’accès au dispositif de transition professionnelle aux salariés en long arrêt de travail : un décret doit préciser la durée de cet arrêt », indique Vincent Jimenez, au bureau de la prévention de la DGT (direction générale du travail).

« La loi étend aussi l’accès à la convention de rééducation professionnelle en entreprise (CRPE) aux travailleurs déclarés inaptes ou en risque d’inaptitude par le médecin du travail », ajoute Marie-Ange Biteau, en charge de ce sujet à la Cnam (caisse nationale d’assurance maladie). La CRPE permet à ces salariés de se réadapter à leur poste de travail ou de se former à un nouveau métier. Elle peut se dérouler dans l’entreprise initiale ou dans une nouvelle entreprise, et les formations peuvent être dispensées à l’extérieur ou dans l’entreprise via un tuteur. Ce dispositif est partiellement financé par l’assurance maladie. « La loi facilite aussi le recours aux « essais encadrés », un dispositif de l’assurance maladie permettant au salarié en arrêt de travail de tester de nouveaux postes de travail, et qui prévoit une compensation financière pour l’entreprise qui accueille ces salariés », précise Marie-Ange Biteau.

Gestion des carrières

Pour éviter que les salariés ne se retrouvent inaptes au travail, les entreprises ont bien sûr un rôle à jouer sur la pénibilité des postes de travail, mais aussi sur la gestion des carrières et des parcours professionnels. « Une carrière n’est pas linéaire, l’entreprise doit anticiper le métier d’après, cela se fait très bien en Suède, note Jean-Manuel Soussan, directeur des ressources humaines (DRH) du groupe Bouygues et co-auteur d’un rapport sur l’emploi des seniors. Dans le BTP (bâtiment et travaux publics) nous avons la chance que l’ascenseur social fonctionne encore, cette promotion interne permet de changer de métier et de réduire la pénibilité au cours de la carrière ». Cette évolution ne peut toutefois pas concerner tous les salariés. « Pour ceux qui ont des restrictions d’aptitude, Bouygues a mis en place des postes adaptés, qui sont moins physiques, ajoute le DRH. Chez Colas on propose des reconversions dans les métiers du transport, de la conduite ». L’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) souligne que ces passerelles ou parcours professionnels sont plus difficiles à construire dans des secteurs comme les services à la personne.

« La pénurie de main d’œuvre qui touche certains secteurs va obliger les entreprises à proposer un travail durable qui ne dégrade pas la santé, prédit Jean-Manuel Soussan. Pour garder les compétences, les entreprises proposent déjà aux salariés des aménagements pour les faire rester un ou deux ans de plus ».

 

 

 


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