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Les prairies permanentes en 2017

jeudi 14 octobre 2021, par DESRIVIERRE Cathy


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Les prairies permanentes en 2017 (format pdf - 879.1 ko - 14/10/2021)


En 2017, les prairies (permanentes, temporaires, artificielles), y compris les prés salés, occupent 17 % de la superficie agricole utilisée des Hauts-de-France. Les prairies permanentes, majoritaires sur 86 % de la surface prairiale, sont orientées vers le pâturage. Elles sont moins chargées qu'au niveau national, le pâturage est alors plus long sur la même parcelle. Elles sont productives mais aussi plus fertilisées que sur l'ensemble du territoire métropolitain. L'herbe doit y être cultivée efficacement. Le mode d'exploitation, la fertilisation mais aussi les opérations culturales sont des facteurs d'amélioration du rendement des prairies permanentes.

La prairie permanente est définie comme une surface fourragère destinée à être pâturée ou fauchée. Elle est composée principalement de graminées auxquelles peuvent s'ajouter des légumineuses. Cette flore est souvent spontanée ou semée de longue date. A contrario d'une prairie temporaire qui entre dans la rotation des cultures, la prairie permanente n'est ni labourée, ni détruite chimiquement, ce qui lui confère un caractère pérenne ou du moins de longue durée. Pour les besoins de l'enquête la prairie permanente est âgée d'au moins cinq ans (une prairie temporaire de plus de 5 ans devient donc une prairie permanente). La prairie permanente est classée dans les surfaces toujours en herbe ou STH au même titre que les prés-salés de la région.

LE SOMMAIRE

1. En Hauts-de-France, les prairies sont moins présentes que dans d'autres régions mais n'en jouent pas moins un rôle important

  • La part des prairies permanentes dans la SAU des exploitations des Hauts-de-France est plus faible que sur l'ensemble du territoire national
  • Les prairies permanentes de la région sont naturelles sur 90 % des surfaces

2. En Hauts-de-France, la conduite technique des prairies permanentes est proche de celle des prairies temporaires

  • Sur la campagne 2016-2017, 61 % des surfaces de prairies sont fertilisées avec de l'azote minéral uniquement
  • La pratique d'une fumure organique progresse en 2017 par rapport à 2011, mais la quantité totale d'azote épandue est supérieure à 2011 et à l'ensemble du territoire métropolitain
  • Les besoins de fertilisation sont estimés selon les habitudes
  • Peu de produits phytosanitaires et sur moins de surface de prairies permanentes
  • L'opération mécanique la plus courante sur les prairies permanentes est le fauchage des refus
  • Le niveau de production des prairies permanentes est plus élevé dans les Hauts-de-France

3. Une exploitation des prairies en Hauts-de-France qui fait la part belle au pâturage mais sur de longues durées

  • Les prairies permanentes des Hauts-de-France sont majoritairement orientées vers le pâturage
  • Les animaux reviennent moins souvent sur la même prairie permanente dans les Hauts-de-France que dans le reste du territoire métropolitain
  • Un changement plus faible mais des durées de pâturage plus longues dans chaque parcelle de prairies permanentes des Hauts-de-France


1. EN HAUTS-DE-FRANCE, LES PRAIRIES SONT MOINS PRÉSENTES QUE DANS D'AUTRES RÉGIONS MAIS N'EN JOUENT PAS MOINS UN RÔLE IMPORTANT

La part de prairies permanentes dans la SAU des exploitations des Hauts-de-France est plus faible que sur l'ensemble du territoire national

En 2017, les prairies permanentes des Hauts-de-France s'étendent sur un peu plus de 312 000 hectares. Elles occupent 15 % de la Superficie Agricole Utilisée de la région, contre 26 % de la SAU de l'ensemble du territoire national. Entre 2011 et 2017, la surface en prairies permanentes a diminué de 5 % dans les Hauts-de-France comme sur le territoire français. En moyenne, les exploitations des Hauts-de-France1 cultivent 3 5 % de leur Superficie Agricole Utilisée en prairies permanentes contre 57 % pour les exploitations de l'ensemble du territoire métropolitain enquêté2 (Figure 2).

La surface moyenne en prairies permanentes est de 44 hectares dans la région contre 81 hectares sur l'ensemble du territoire. Elle est de 59 hectares pour les exploitations spécialisées en élevage, 41 hectares pour les polycultures élevage et de 16 hectares pour les exploitations de grandes cultures. Les exploitations d'élevage3 valorisent la plus grande surface en prairies permanentes : 88 % de la surface régionale dont 57 % pour les exploitations de polyculture-élevage et 31 % pour les exploitations d'élevage. Toutefois, 12 % des surfaces en prairies permanentes appartiennent à des exploitations spécialisées en grandes cultures. Cette donnée, spécifique aux Hauts-de-France par rapport à l'ensemble du territoire national, s'explique par la prédominance des exploitations spécialisées en grande culture dans cette région dont la fertilité des sols est reconnue, mais traduit aussi parfois la présence de contraintes qui rendent difficiles leur valorisation par d'autres cultures (Figure 2).

1 Ayant des prairies permanentes
2 Voir champ de l'enquête en fin de publication
3 Les exploitations

Part des prairies permanentes dans la SAU par type d'exploitation
Répartition des prairies permanente par type d'exploitation (en % de surfaces)

Les prairies permanentes de la région sont naturelles sur 90 % des surfaces

Les prairies permanentes sont essentiellement couvertes de graminées, les légumineuses peuvent entrer dans leur composition sans excéder toutefois les 40 %.

Sur 89 % des surfaces, la prairie permanente des Hauts-de France est naturelle, c'est à dire de pousse spontanée (non semée). Sur 11 %, elle a été semée il y a plus de 10 ans (Figure 3). Le couvert végétal spontané ou de longue durée présente des propriétés intéressantes. Il est souvent multi-espèces avec des atouts nutritifs mais aussi de productivité et de résilience (Figure 4).
Hauts-de-France : répartition des prairies permanentes selon le type d'implantation (en % de surface) Prairies permanentes des Hauts-de-France : part des surfaces selon la présence des légumineuses

La présence de légumineuses est estimée inférieure à 20 % sur 70 % des surfaces. Le côté naturel et la longue durée d'implantation justifient les 13 % en surfaces de la région (8 % sur le territoire national enquêté) ressemées sans retournement. Cette opération mécanique, appelée sursemis, améliore rapidement et à faible coût une pâture, elle permet également de ressemer des espèces manquantes. Le sursemis est considéré comme faisant partie de la gestion agronomique de la prairie permanente, car il ne soustrait pas celle-ci de son cycle de production. Le sursemis n'entraîne pas de modification du classement en prairie permanente.

Les prairies permanentes contribuent de manière essentielle à la biodiversité en raison de la diversité d'espèces qu'elles peuvent receler par rapport à d'autres car elles constituent des milieux ouverts (espaces semi-naturels dont la surface occupée par les arbres est inférieure à 25 %) comme les cultures annuelles mais qui sont, elles, mono-spécifiques. De surcroît, comme dans beaucoup d'autres régions, les prairies permanentes des Hauts-de France sont très souvent entourées de haies (1/5 des surfaces), avec des arbustes et arbres de plus ou moins grand jet. Des rangées d'arbres bordent sur au moins un côté de prairies permanentes sur 80% des surfaces contre seulement 25 % des surfaces en grandes cultures. Ces rangées d'arbres ou arbustes favorisent la contention du troupeau ainsi que son ombrage en été.

En 2017, 5 % des surfaces en prairies permanentes des Hauts de France répondent au cahier des charges de l'agriculture biologique (sans fumure minérale et sans produits phytopharmaceutiques) contre 7 % sur le territoire métropolitain.

2. EN HAUTS-DE-FRANCE, LA CONDUITE TECHNIQUE DES PRAIRIES PERMANENTES EST PROCHE DE CELLE DES PRAIRIES TEMPORAIRES

Sur la campagne 2016-2017, 61 % des surfaces de prairies sont fertilisées avec de l'azote minéral uniquement

Comme pour toute culture, produire de l'herbe demande de veiller aux apports nutritifs. Il est possible de le faire par des apports externes, notamment organiques (ce que permet le pâturage sans dépense d'énergie). Mais l'art de la conduite d'une prairie permanente est de favoriser au maximum les interactions positives entre les espèces qui la composent, en premier lieu entre graminées et légumineuses, afin de limiter les apports externes, en particulier sous forme minérale (les plus couteux en énergie).

Sur la campagne 2016-2017, 82 % des surfaces de prairies permanentes ont reçu un amendement azoté. L'azote minéral est le plus utilisé. Ainsi 76 % de la surface en prairie permanente est fertilisée avec de l'azote minéral : exclusivement sur 61 % des surfaces et en combinaison avec de l'azote organique sur 15 %. L'azote organique est employé seul sur 6 % des surfaces. Par ailleurs 18 % de surfaces en prairie permanente n'ont reçu aucune fertilisation (Figure 5).

Hauts-de-France : répartition des surfaces en prairie selon le type de fertilisation

Pendant la campagne 2016-2017, les prairies permanentes des Hauts-de- France ont reçu 27 500 tonnes d'azote, 70 % de celle-ci est minérale. Le niveau moyen de fertilisation est de 100 kg/ ha dont 70 kg/ha d'azote minéral. Cette fertilisation atteint 119,5 kg/ha pour les surfaces fertilisées et exploitées dont 87,4 kg/ha sous forme minérale.

Lorsque les prairies sont fertilisées uniquement sous la forme minérale la fertilisation est proche de 94 kg/ha (Figure 6).
Hauts-de-France : quantité moyenne (en kg/ha) d'azote minéral et organique épandues sur les prairies


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