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Les forêts domaniales RTM, levier indispensable pour réduire les risques naturels en montagne

vendredi 15 octobre 2021, par nina.gatouillat

Marie Juppet / ONF

Réduire l’érosion des sols et les chutes de blocs, les glissements de terrain peu profonds et limiter les départs d’avalanches… En montagne, la forêt est essentielle pour prévenir les risques naturels. Créés au sein de l’ancienne administration des Eaux et Forêts, et désormais au sein de l’Office national des forêts (ONF), les services de restauration des terrains en montagne (RTM) sont chargés de maintenir l'efficacité des dispositifs de protection domaniaux RTM appartenant à l’État. Cette mission d’intérêt général s’inscrit dans le cadre d’une politique plus que centenaire de prévention des risques naturels en montagne.

En raison des besoins croissants en bois (pour les manufactures, la marine, le chauffage…), amplifiés par le pâturage, une grande partie des montagnes françaises a été déboisée jusqu’au milieu du XIXe siècle. À la suite de plusieurs crues catastrophiques, une politique spécifique de reboisement des montagnes a été engagée par l’État dès 1860, suivie par une loi de ré-engazonnement en 1864, pour aboutir enfin en 1882 à la loi dite « RTM » relative à « la conservation et la restauration des terrains en montagne ».

Réparties sur 380 000 hectares (dont 260 000 ha boisés), les forêts domaniales RTM participent à la protection de nombreuses zones habitées ou agricoles et voies de communication en zone de montagne.

Réduire les risques naturels en toutes saisons

« Le système racinaire des arbres, ou d’une manière plus générale la végétation, permettent de réduire l’érosion des sols sur les flancs de montagne », explique Yann Quefféléan, responsable technique national RTM. « L’État a acquis des terrains pour les reboiser et si besoin les équiper d’ouvrages de génie civil afin qu’ils assurent cette fonction. Les peuplements et les ouvrages contribuent ainsi à réduire l’apport en matériaux (blocs rocheux, pierres …) aux torrents qui risquent d’impacter les enjeux en contrebas. C’est pourquoi, une des missions principales des services ONF-RTM est d’entretenir les ouvrages et dispositifs qui stabilisent les sols, ainsi que les peuplements de protection (en collaboration étroite avec les agences territoriales de l’ONF) ».

Autres fonctions majeures : la forêt constitue une protection contre les chutes de blocs, car elle limite le départ de blocs et permet d’arrêter une proportion significative de blocs en forêt, selon leur taille, la longueur et la "densité" de la bande boisée. En hiver, les arbres permettent enfin de lutter contre les départs d’avalanche : « Les résineux, qui conservent leurs aiguilles à cette saison, fixent le manteau neigeux en altitude. Implantés en zone de départ, ils empêchent le départ des avalanches ».

L’impact du changement climatique

Les forêts domaniales RTM permettent donc de protéger les populations, les zones d’habitation, les voies de communication ainsi que les zones agricoles. « La fréquence et l’intensité des événements naturels semblent augmenter ces dernières années avec le changement climatique, il est donc plus que jamais essentiel de pérenniser la fonction de protection des peuplements forestiers. Récemment, les crues torrentielles générées par la tempête Alex dans les vallées de la Vésubie et de la Roya (Alpes-Maritimes) ont rappelé dramatiquement la violence des phénomènes naturels en montagne et la nécessité de réduire la vulnérabilité des enjeux ».

Une gestion régulière indispensable

« Il est indispensable de poursuivre l’entretien régulier des forêts afin qu’elles continuent de jouer pleinement leur rôle de protection contre les risques naturels en montagne, ce qui passe parfois par des travaux de renouvellement des peuplements, en choisissant selon le contexte des essences plus adaptées, plus résilientes au changement climatique. Des opérations de renouvellement par trouées peuvent ainsi être nécessaires dans le cas de peuplement monoculture dépérissant si on veut éviter que l’ensemble de la forêt ne dépérisse en même temps. »

Pour restaurer les terrains en montagne, il a été nécessaire de compléter ces actions de reboisement ou de reverdissement par la mise en œuvre de dispositifs et ouvrages de génie civil : « 22 000 ouvrages appartenant à l’État ont ainsi été mis en place pour traiter près de 1000 torrents et une centaine de sites avalancheux. Il faut assurer leur entretien, voire conforter certains ouvrages selon une programmation arrêtée chaque année par l’État, ce qui représente une grande partie de la mission des équipes ONF-RTM pour le compte du ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation ».

Les zones montagneuses, des territoires particulièrement fragiles et vulnérables

Les territoires montagneux subissent plus que d’autres les effets du climat. Ils sont propices à plusieurs aléas potentiellement destructeurs, dont le relief accroît l’importance, principalement crues, glissements de terrain, chutes de blocs, avalanches. Les activités humaines ont selon les époques fragilisé les zones de montagne, livrées à l’exploitation de la forêt, des sols et de leur couvert (pâturage). Il s’en est alors suivi une intensification du risque pesant sur les personnes et les biens.

Extrait de la page 14 du rapport de mission interministérielle d'évaluation  n°15061 - janvier 2016 - CGAAER - CGEDD


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