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« Pas de démocratie sans formation » (Laurent Escure, Unsa)

mardi 19 octobre 2021, par Laurent Gérard

« Il faut un socle éducatif et culturel très solide pour que le peuple soit une somme d’individus éclairés », a expliqué Laurent Escure, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes, lors de la présentation de son livre « Cultivons le JE démocratique » (Edition de l’Aube) à la fondation Jean Jaurès, mardi 12 octobre au soir.

Un besoin massif d’éducation populaire

Selon lui, « il y a un effort d’éducation populaire massif à faire pour que les individus reprennent le goût de se forger une opinion par eux-mêmes et ne soient pas biberonnés par leurs groupes affinitaires, leurs réseaux sociaux ou les bandeaux des chaînes d’information en continu. Il faut redémontrer que la connaissance est utile, nécessaire et agréable ».

Quels outils pour y arriver ?  Laurent Escure « trouve très intéressantes les expériences des tiers-lieux, des fab lab ou des recycleries. On échange et on partage des compétences et des connaissances. Apprends-moi à réparer mon grille-pain et je t’apprendrai à parler anglais ou à recoudre ta veste. Nous devons être raccord avec les attentes de nos concitoyens et ils doivent trouver leur compte dans les propositions et les promesses que nous leur faisons ».

Service civique continu

Mais le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes va plus loin. « Pour développer les capacités citoyennes de raisonnement, je propose une sorte de service civique continu, lance-t-il. Cinq ans après la fin de leurs études ou de leur formation initiale, les Françaises et les Français assisteraient à des formations obligatoires de culture citoyenne et à des échanges intergénérationnels, qui seraient ensuite renouvelés tous les dix ans. L’idée est que les gens se côtoient et se comprennent, qu’il y ait un véritable brassage social ».

Comment structurer cet outil ? « Il pourrait y avoir une grande agence nationale de la citoyenneté ou un haut-commissariat à la citoyenneté, répond Laurent Escure. Il faudrait former cinquante millions de personnes tous les dix ans, donc cinq millions de personnes par an. Prenons quarante-deux semaines dans l’année, soit cent vingt mille personnes par semaine à former durant trois jours. C’est l’équivalent financier d’une centaine de gros lycées ou de centres de formation pour adultes. Élargissons à deux cents pour couvrir tout le territoire. Durant ces trois jours, le programme proposerait des conférences et des débats de culture générale, de culture scientifique, sur la santé publique ou la prévention. Il y aurait des modules d’initiation ou d’entraînement au débat, de maîtrise des médias et des réseaux sociaux, etc ».

Méfiance face à l’abondement au CPF

Sur les questionnements très spécifiques concernant la formation professionnelle continue, Vanessa Jereb, secrétaire nationale UNSA en charge du sujet, apporte des compléments. « L’Unsa revendique depuis de nombreuses années que le plan de développement des compétences soit négocié », affirme -t-elle. Par ailleurs, « sur l’abondement du CPF par l’entreprise cela peut apparaître séduisant au premier abord, mais l’Unsa émet plusieurs réserves et craintes. Le salarié pourra t-il échapper à une forme de chantage à la formation de la part de son employeur ? La co-construction du parcours de formation, tant vantée depuis 2018, est-elle de ce fait toujours équilibrée ? Un trop grand écart entre les abondements au CPF d’une branche à une autre, d’un type d’entreprise à l’autre peuvent remettre en cause le principe d’égalité, d’un dispositif pourtant présenté comme universel ».

Non à l’adéquationnisme

Sur les dernières mesures gouvernementales sur le chômage de longue durée, elle estime que « l’octroi d’une prime de 1000 euros ne suffira malheureusement pas. S’appuyer sur des dispositifs comme l’action de formation préalable au recrutement (AFPR) ou la préparation opérationnelle à emploi individuelles (POEI) est pertinent surtout s’ils débouchent sur une réelle embauche. Par contre, nous sommes plus réservés sur le fléchage unique de la prime vers les métiers en tension. Nous ne voulons pas d’une démarche purement adéquationniste qui contraindrait les demandeurs d’emploi de longue durée à se tourner uniquement vers ces secteurs professionnels, ces derniers souffrent de conditions de travail très difficiles et de niveaux de rémunération trop bas ». 


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