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Comment les écoles d’ingénieurs se sont adaptées à la crise

mercredi 9 juin 2021, par Emmanuel Franck

Réunies dans la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), les écoles d’ingénieurs viennent de publier un petit ouvrage, baptisé « Penser l’après », qui réunit leurs constats et leurs réflexions sur l’évolution des formations à l’expérience de la crise sanitaire. « Cette crise  ne sera pas qu’une parenthèse mais un levier pour les écoles d’ingénieurs », estime Jacques Fayolle, président de la Cedif, au cours d’un webinaire de restitution organisé le 12 mai. Soumis à une contrainte qui a fait volet en éclats les modes habituels de fonctionnement des écoles (cours, travaux pratiques, activités par projet, activités sociales) et révélé que « la visioconférence n’est pas le meilleur moyen de transmettre », les écoles d’ingénieurs ont inventé de nouvelles pratiques qui « vont perdurer », selon Jacques Fayolle.

Recours accru aux ingénieurs pédagogiques

La « gamification » de la formation va se poursuivre ; des disciplines qui fonctionnaient peu par projet le feront davantage ; le recours à des ingénieurs pédagogiques sera accru afin d’améliorer l’efficacité des formations ; les enseignants seront davantage formés aux nouvelles pratiques pédagogiques (classes inversées, apprentissage par résolution de problèmes).

De son côté, Jean-Michel Nicolle, vice-président de la CDEFI, directeur de l’EPF, constate que « les écoles sont rapidement passées d’un mode dégradé à un mode augmenté » dans leur manière d’envisager les compétences. Elles ont ainsi accompagné certaines « compétences naturelles » des étudiants, à commencer par l’autonomie, qui résulte de la liberté d’organisation induite par le distanciel. Les écoles ont également dû développer, chez leurs étudiants, des compétences « qui ne relèvent pas de la technique mais de l’individu (softskills, intelligence émotionnelle, leadership) », explique Jean-Michel Nicolle. L’évaluation technicienne a cédé la place à l’évaluation par les pairs et à l’autoévaluation, fondées sur la confiance.

Voyager autrement

Les voyages à l’étranger, étapes du cursus d’ingénieur, sont devenus impossibles. « Nous étions convaincus qu’il fallait envoyer les élèves à l’étranger mais sans y avoir réfléchi et avec des résultats variables », admet Jean-Michel Nicolle. Faute de pouvoir faire voyager les étudiants, les écoles d’ingénieurs ont cultivé d’autres dimensions : la curiosité, la pratique des langues, l’insertion dans d’autres environnements, le travail de projets à distance et en anglais avec des partenaires étrangers.

Difficultés financières

La crise a enfin révélé « la fragilité financière et psychologique des étudiants ainsi que le retard de la France en accompagnement psychologique », selon Philippe Dépincé, président de la commission formation et société de la CDEFI, directeur de Polytech Nantes. Beaucoup ont en effet perdu leur petit boulot tandis que l’école ne pouvait plus être un espace de socialisation. Pour aider ses étudiants en détresse, l’école des arts et métiers a créé un programme d’écoute et de veille avec la Fondation santé des étudiants de France. Polytech Nantes a ouvert une épicerie solidaire dans l’école.


Pour aller plus loin  : l’enquête « condition de vie 2020 » de l’Observatoire national de la vie étudiante


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