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Conjoncture agricole Hauts-de-France de mars 2021

mardi 4 mai 2021, par DESRIVIERRE Cathy

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Conjoncture agricole Hauts-de-France de mars 2021 (format pdf - 1.6 Mo - 04/05/2021)


GRANDES CULTURES

Cours en baisse mais encore d'un bon niveau

En mars, le cours du blé reste à un niveau élevé. Il est néanmoins en baisse, sous l'effet conjugué d'une demande mondiale ralentie et de perspectives favorables pour la nouvelle récolte.
Le manque de compétitivité du blé tendre français à l'exportation pèse sur les marchés, vers les pays de l'Union européenne comme vers les pays tiers. Au 17 mars, selon les données des douanes françaises et de Refinitiv, 5,94 Mt de blé tendre français auraient été exportées vers les pays-tiers sur un total prévu par FranceAgriMer de 7,45 Mt. FranceAgriMer revoit à la baisse les prévisions pour la campagne en cours, à 5,8 Mt, soit moins 130 kt par rapport au mois dernier, et en recul de 20,9 % par rapport à la campagne 2019/20, à un niveau qu'il juge historiquement bas. Les stocks prévisionnels de fin de campagne pour le blé français sont donc un peu plus confortables, à 2,683 Mt contre 2,547 Mt le mois dernier.
Au 28 mars, l'UE a exporté 19,79 millions de tonnes de blé tendre contre 25,62 millions l'an passé à date. Les exports d'orge s'affichent à 5,72 millions de tonnes contre 5,87 l'an passé. Enfin, les importations de maïs et de colza s'affichent respectivement à 11,65 et 4,94 millions de tonnes, contre 15,95 et 4,93 millions de tonnes l'an passé.
Campagne 2021/2022 : Le Conseil International des Céréales (CIC ou IGC) estime pour la prochaine campagne la production de blé toutes qualités à 790 millions de tonnes dans le monde, contre 774 Mt l'an passé. La production de maïs est estimée pour la prochaine campagne à 1,193 milliard de tonnes contre 1,139 MdT l'an passé.
La commission européenne affiche quant à elle une estimation de production de blé à venir pour l'UE des 27 à 126,7 millions de tonnes contre 117,1 Mt l'an passé. La production d'orge est attendue à 56,3 millions de tonnes contre 54,7 Mt l'an passé, celle de maïs à 71,2 millions de tonnes contre 64,9 Mt l'an passé, et celle de colza à 16,73 millions de tonnes contre 16,1 Mt l'an passé.
Stratégie Grains estime la production européenne de blé tendre 2021 à 129,6 Mt (UE à 27), soit +10 Mt de plus que la récolte 2020. La production française est estimée à 36,6 Mt.
Les conditions de cultures sont globalement bonnes dans l'hémisphère nord et particulièrement dans l'Europe de l'Ouest.
Prix du blé FOB Rouen Supérieur (A2) Prix de l'orge fourragère FOB Rouen

État des cultures en région : Selon FranceAgriMer, au 29 mars 2021, l'état des cultures en région Hauts-de-France est stable par rapport aux semaines précédentes. Il est jugé bon à très bon à hauteur de 89 % pour le blé tendre, et de 91 % pour l'orge d'hiver, contre respectivement 68 % et 78 % l'an passé à date. Pour l'orge de printemps, le stade « levée » concerne 77 % des surfaces (contre 54 % la semaine précédente et 14 % l'an dernier), avec un état des cultures jugé bon à très bon à hauteur de 97 %.

POMMES DE TERRE

Pas d'amélioration sur le marché

L'activité des usines de transformation de pommes de terre de la région reste constante, régulée pour répondre à la demande constituée quasiment par la seule grande distribution. Les achats demeurent très mesurés sur le marché libre. Ils permettent tout au plus de couvrir certains contrats et/ ou d'absorber l'offre représentée par les lots ne pouvant être davantage conservés. Toutes les usines ne sont pas aux achats, mais il n'y a pas de retard signalé dans l'enlèvement des contrats. Le durcissement des mesures sanitaires, observé partout en Europe, réduit la demande alors que l'offre sur des lots dont la conservation pose problème devient plus pressante, engendrant une pression à la baisse sur les prix (figure 3).
La situation sanitaire continue d'affecter le marché français à l'export avec des conséquences sur le niveau des prix, d'autant que l'offre de primeur pourrait concurrencer l'offre française en pommes de terre de l'ancienne récolte. Des flux sont observés, dans la continuité des précédentes semaines, vers les destinations historiques (Espagne, Portugal et Italie). Les pays de l'Est semblent montrer un intérêt croissant, mais les négociations pèsent sur les prix très discutés et les volumes expédiés sont toujours faibles.
Le marché intérieur se poursuit sur un rythme stable, même si les volumes travaillés sont en deçà des attentes et essentiellement portés par des mises en avant de filets de 2,5 kg et de sacs conditionnés en 5 et 10 kg. Selon que les opérateurs s'impliquent ou non dans ces offres, l'activité est donc plus ou moins dynamique. Des inquiétudes sur la qualité et la difficulté de répondre aux exigences de certaines centrales nécessitent des opérations de prélavage et de tri ainsi qu'une plus grande vigilance, ce qui augmente les coûts difficiles à répercuter sur le prix à l'expédition. Le marché de gros approvisionnant la restauration hors domicile est toujours en difficulté.
En Hauts-de-France les plantations devraient démarrer début avril dans des conditions très bonnes jusqu'à présent.

Pommes de terre de conservation - diverses variétés non lavées - cat II - 50/75 mm - sac 25 kg - origine France - marché du frais

ENDIVES

Des cours maintenus malgré une demande en baisse
Endive Hauts-de-France Cat.1 en colis de 5 kg

En mars le marché de l'endive est peu actif. La demande des consommateurs est en baisse : la clientèle se détourne progressivement des légumes d'hiver, pour s'orienter vers des produits plus printaniers.
L'offre reste maîtrisée car bon nombre de producteurs ont réduit leurs volumes mis en production en bacs de forçage, pour éviter d'engorger un marché bien morose.
Les principales ventes se font au travers des opérations commerciales initiées par les centrales d'achats. Les cours sont relativement stables, et se maintiennent, depuis décembre, au-dessus de la moyenne quinquennale (figure 5).

Poursuite de la hausse des cours

La demande toujours très forte pour la viande française continue de doper les prix des femelles. Fin mars, selon les cotations du bassin nord-est, la vache Cat.R* s'affichait à 4,18 €/kg (+13 % par rapport à mars 2020), la vache Cat.P* à 2,94 €/kg (+10% par rapport à mars 2020) (figures 6 et 7).
L'offre est par ailleurs relativement abondante. En France, en mars, les abattages de vaches et génisses de race à viande ont été en effet largement supérieurs à ceux des années précédentes (+10 % par rapport à mars 2020 sur les semaines 10 à 13).
En jeune bovin, le dynamisme des ventes vers l'Allemagne, où l'offre est en retrait et la demande forte, tire les prix français à la hausse. Le cours des Jeunes Bovins Cat.U* dans le bassin Nord-Est gagne 7 centimes en mars, pour atteindre 3,99 €/kg, au-dessus des niveaux des deux dernières années (figure 8).
* classement des viandes bovines « EUROP »
Abattage gros animaux Hauts-de-France

Cours de la vache allaitante Cat. R Cours de la vache laitière Cat. P
Cours du jeune bovin - Cat. U

VIANDE PORCINE

Poursuite de la hausse des cours
Cotation porc charcutier bassin Nord-Est

En mars, le cours du porc poursuit sa hausse amorcée en février. A 1,49 €/ kg, le prix moyen mensuel gagne 10 centimes/kg sur un mois mais demeure inférieur de 13 % par rapport à mars 2020 (figure 9).
Depuis le début de l'année, l'activité d'abattage en volume de porcs charcutiers en région progresse régulièrement de 3 % par mois par rapport à 2020. En nombre de têtes, l'évolution est de 2,7 % soit 1 954 porcs en plus.
Selon l'IFIP Institut du porc, le bilan des exportations françaises pour l'année 2020 s'élève à 719 200 tonnes, en repli de 5,2 %. Les ventes vers les pays de l'UE reculent de 15,2 % alors qu'elles progressent vers les pays-tiers de 12,6 %.

* classement des viandes de porc « EUROP »

LAIT

Recul marqué de la collecte

En février 2021, la collecte régionale de lait de vache affiche un recul marqué de plus de 9 % sur un an. A l'échelle nationale, la baisse est de 5,9 % et concerne tous les bassins laitiers. A noter que Février 2021 compte une journée de moins que février 2020.
Selon l'Institut de l'élevage (IDELE), la collecte de l'UE-27 affiche un peu moins de 11 Mt sur février, soit un recul de 0,6 % d'une année sur l'autre correspondant à une baisse de 70 000 tonnes (calcul avec effet bissextile neutralisé). L'Allemagne, la France et les Pays-Bas, avec des replis respectifs de -55 000 t, -52 000 t et -22 000 t sont les principaux contributeurs à cette baisse, qui n'est compensée que partiellement par les dynamiques des autres pays membres, en 1er lieu l'Italie (+37 000 t) et l'Irlande (+21 000 t) (figure 10).
Outre la tendance à la diminution du cheptel de vaches laitières, la raison de cette baisse tient aussi au contexte économique, peu incitatif pour les éleveurs, avec une envolée des coûts de production, notamment de l'aliment, qui n'a pas encore été répercutée sur les prix d'achat du lait.
En février 2021, le prix moyen payé au producteur en région est reconduit par rapport au mois précédent, à 346 €/1000 litres, mais il est en baisse de 1,2 % par rapport à février 2020. A l'échelle nationale, tous types de lait confondus, le prix standard s'établit à 349 €/1 000 litres, en repli de 1,0 % sur un an.

Livraison régionale de lait de vache à l'industrie - Prix payé aux producteurs

PÊCHE

Un bon niveau de prix

En mars, les espèces dominantes dans les filets sont le maquereau et le merlan. Les tailles présentées en criée sont majoritairement trop petites pour être valorisées par les fileteurs. Le cours du maquereau se raffermit en milieu de mois à la faveur d'une offre en diminution, avant de se contracter sous le seuil de 1 €/ kg, face à la concurrence du maquereau espagnole en fin de mois. Pour le merlan, la concurrence est d'origine écossaise. Elle concerne des poissons de belle taille qui intéressent les fileteurs. Les volumes importants font redescendre les cours autour de 1,20 €/kg.
Les gisements d'encornet faiblissent de semaine en semaine et les quantités disponibles sont absorbées sans difficulté par le marché malgré une hausse des prix, variant de 11,5 € à 14,0 €/kg.
Les apports de Saint-Jacques ne faiblissent pas. Ils répondent à une demande principalement tournée vers la surgélation.
A l'importation, le prix du lieu noir se raffermit en raison de la diminution des arrivages.
La grande distribution demeure le principal circuit de distribution tandis que les grossistes sont toujours fortement pénalisés par la fermeture prolongée des restaurants et par la baisse d'activité observée dans les collectivités. De même, la fin des vacances scolaires et la dégradation des conditions météorologiques impactent le commerce de détail sur les zones côtières, alors qu'il se stabilise en milieu urbain.
En mars, le tonnage mensuel est globalement supérieur (+ 12 %) à celui de mars 2020. Le cours moyen, supérieur de 46 % sur un an, repasse au-dessus du niveau de la moyenne quinquennale, 13 % sur un an (figure 11).


MÉTÉOROLOGIE

Record de chaleur en fin de mois

En mars, les cumuls mensuels de précipitations sont de nouveau déficitaires, de 37 % en moyenne sur la région. Le déficit s'échelonne de 24 % dans la Somme, où le Santerre et une partie du Plateau Picard ont été assez arrosés, à 45 % dans l'Aisne.
L'indice d'humidité des sols superficiels poursuit sa baisse amorcée en février.
Les températures moyennes mensuelles sont proches des normales. Les températures minimales les plus basses sont observées en début de mois avec des gelées atteignant localement -5°C/-6°C dans le sud de la région. Les maximales sont en moyenne supérieures de 1°C aux normales et des records de chaleur tombent les 30 et 31 mars sur l'ensemble de la région (figures 12 et 13).

Station d'AMIENS - GLISY : Températures et précipitations Station de LILLE - LESQUIN : Températures et précipitations

FOCUS DU MOIS

L'endive

Une spécialité régionale

La région Hauts-de-France détient le quasi-monopole de production de ce légume, cultivé sur près de 7 800 hectares. Près de 90 % de la production française, soit 130 000 tonnes de chicons durant la campagne 2019-2020, est « forcée » par des exploitations localisées dans les départements du Pas-de-Calais, du Nord et de la Somme. L'Aisne et l'Oise sont également producteurs mais à un degré moindre (figure 14).

Glissement vers une endive de petite taille

Depuis quelques années, le modèle économique évolue avec une segmentation de l'offre dans laquelle s'installe progressivement l'endive de petite taille, dénommée jeune pousse, très demandée par les consommateurs. Cette évolution contribue à une baisse régulière de la production.

Une filière très organisée

Dans notre bassin, les trois-quarts des endives sont commercialisées dans le cadre d'organisations de producteurs (OP). Le reste est vendu directement par des producteurs indépendants ou via des négociants. Ces OP sont adhérentes de l'APEF (association des producteurs d'endives de France). Reconnue AOP nationale en 2009, son siège est situé à Arras. Ses missions s'articulent autour de trois axes : la promotion du produit, la connaissance de l'offre et la recherche-développement (station d'expérimentation).

L'endive


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