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Le monde des abeilles

vendredi 9 avril 2021

L’abeille constitue un maillon indispensable pour le maintien de la biodiversité. Auxiliaire incontournable de l’agriculture, sa contribution à la production alimentaire mondiale a été évaluée à plus de 153 milliards d’euros. Avec 30% de mortalité supplémentaire observée dans le pays lors des dix dernières années pour les abeilles et les pollinisateurs en général, l’urgence est indéniable.

Primordiale en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour la production de fruits et légumes et de semences potagères, l'apiculture du sud souffre d'une baisse de rendement des ruches. La production de miel a été divisée par trois en vingt ans. La mobilisation a commencé pour limiter le déclin des abeilles, ainsi que de l’ensemble des espèces de pollinisateurs sauvages.

L’apiculture régionale en chiffre :
- 4 500 apiculteurs
- 165 000 ruches
- 2 000 tonnes de miel produites chaque année

Ils existent de nombreuses espèces d’abeilles domestiques, mais la plus commune en Europe demeure l’Apis Mellifera. Voici son mode de vie à partager avec les enfants pour une sensibilisation à leur environnement.

La vie d’une ruche

Une ruche représente, en moyenne, 80 000 abeilles produisant entre 20 et 30 kg de miel. Elle est constituée de plusieurs cadres composées d’alvéoles. Ce sont les abeilles qui, par la cire qu’elles sécrètent, réalisent les alvéoles dans lesquelles sont entreposés tour à tour, les œufs, les larves, le pollen, le nectar, la gelée royale et le miel.

Les apiculteurs, lors de la récolte du miel, gardent et filtrent la cire qui ferme les alvéoles contenant le miel et la redépose sur les nouveaux casiers de la ruche, comme une base afin que les abeilles ne s’épuisent pas et soient plus productives.

Comment s’organise une ruche ?

Au cœur de la ruche, le couvain ou plus simplement la nurserie des abeilles, forme une boule. La première couche autour de cette sorte de bulle constitue le garde-manger, la seconde couche accueille le pollen et la troisième le nectar. Les larves, issues des œufs pondus par la reine, conditionne l’avenir de la ruche, elles sont donc situées au cœur pour être protégées du froid et des éventuels dangers.

Les étapes de la vie de l’abeille

En été une abeille ouvrière vit de 5 à 6 semaines, l’ouvrière d’hiver de 5 à 6 mois. La reine pour sa part, vit entre 3 et 5 ans. Son odeur détermine l’identité de la ruche.

  • La reine pond en été environ 2 000 œufs par jour.
  • 3 jours plus tard, l’œuf se change en larve
  • 1 semaine plus tard, la larve se transforme en nymphe
  • 2 semaines plus tard, la nymphe devient une abeille.

L’abeille ouvrière n’exercera pas la même activité toute sa courte vie. Dès sa sortie l’abeille s’active, elle devient « nounou » en alimentant à son tour les larves de gelée royale (un mélange de nectar de fleurs et de pollen). Une dizaine de larves sont nourrie exclusivement de gelée royale pour devenir à leur tour des reines.

Puis elle bâtit les alvéoles, pour ensuite emmagasiner le nectar et pollen que rapportent les butineuses, qu’elle devient elle-même dans la dernière phase de sa vie. L’abeille s’oriente grâce au soleil, au champ magnétique de la Terre et à une communication très précises entre abeilles (une forme de danse et leurs phéromones)

Le faux-bourdon

Le mâle de l’abeille est issu d’un œuf non fécondé par la reine. Elle seule, détermine le nombre de mâle à engendrer. Nommés les faux-bourdons, ils n’ont aucune autre utilité dans la ruche que celle de féconder la reine. Une fois leurs rôles accomplis, ils sont exclus de la ruche.

Le miel

Le nectar est le liquide sucré situé à la base des pistils des fleurs, il est collecté par la trompe de l’abeille. Le pollen est sous forme solide et se récolte sur la fleur en se collant au corps de l’abeille.

Le miel est constitué d’un mélange de nectar et de salive d’abeilles. Il est ensuite ventilé par les mouvements d’ailes jusqu’à ce que le mélange ne dispose plus que de 20% d’eau. Le miel constitue la nourriture des abeilles, mais elles produisent toujours beaucoup plus que nécessaire. L’apiculteur récolte le surplus.

Pour produire 1kg de miel, il faut compter sur le travail de 6 000 abeilles parcourant 40 000 km et butinant 800 000 fleurs. De quoi regarder son pot de miel différemment.

La gelée royale est élaborée par les sécrétions du système glandulaire des abeilles ouvrières « nounous ». Produite en quantité réduite pour l’alimentation de la reine et des larves de reines, elle est située exclusivement dans les alvéoles royales, caractéristiques par leurs volumes plus importants que les autres.

Comment expliquer la mortalité des abeilles et des insectes polinisateurs ?

Les raisons sont bien identifiées et multifactorielles :

  1. A 75%, les pesticides et engrais sont identifiés comme la première cause de mortalité, en particulier ceux constitués de néonicotinoïdes. Ils agissent sur le système nerveux des abeilles qui les désorientent, perturbent leur communication, les fragilisent et les rend donc plus vulnérables à leurs prédateurs.
  2. Parmi ces prédateurs : le frelon asiatique arrivé de Chine s’est trop vite propagé. Ce dernier peut dévorer les abeilles en grand nombre
  3. Un nouveau champignon : le Nosema qui attaque le système digestif des abeilles
  4. Un acarien jusque-là inconnu qui s’attaque aussi bien aux larves qu’aux abeilles adultes et propage de nouvelles maladies.

Que serait un monde sans leur interaction sur la nature et les fruits et légumes ?

Un tiers de l’alimentation mondiale résulte de la pollinisation. Sans elle, nos étals de fruits et légumes seraient constitués en grande partie de céréales, à moins de procéder comme dans certaines régions de la Chine, également en proie à cette hécatombe, et polliniser à la main ou par drones.

Un peu dommage, alors que la nature nous permet de le faire gratuitement !!

Des choses simples à faire soi-même pour enrayer la mortalité des abeilles

Dans le jardin ou sur fenêtres et balcons :

Planter des plantes mellifères ou fleurs naturelles sans oublier de placer un point d’eau. Une bassine avec un caillou en son milieu ou un bol d’eau avec un caillou, selon l’espace dont vous disposez, pour que les abeilles s’abreuvent. Pensez-y, surtout au cœur de l’été. Si vous utilisez des engrais, prenez soin à ce qu’ils soient sans néonicotinoïdes. Car demain s’organise aujourd’hui pour nos enfants.

 

Quelques adresses pour les bouts de choux entre découvertes et bricolage
https://www.carellesbutinent.org/ à Avignon
https://www.untoitpourlesabeilles.fr/blog/category/nos-actions/
https://www.momes.net/bricolages-diy/bricolages-a-fabriquer/decoration-a-faire-soi-meme/deco-de-jardin-la-petite-abeille-830759
https://www.fne13.fr/abeilles-et-biodiversite/ Bouches du Rhône

La liste n’est pas exhaustive, mais vous donnera des idées…d’ateliers créatifs pour les vacances ! 

Béatrice MICHEL


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