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Les écoles de commerce au défi de la responsabilité sociale des entreprises

jeudi 29 avril 2021, par Emmanuel Franck

Entreprises à mission, fonds d’investissement socialement responsables, associations et cabinets de conseil dédiés… En même temps que l’économie essaie d’être durable, les besoins en compétences dans les domaines sociétaux et environnementaux progressent, constatent les participants à une conférence organisée récemment par la Fédération Syntec. Ils s’interrogent pour savoir si l’offre des écoles de commerce suit.

Explosion du nombre de postes en RSE

« Depuis la COP 21 de 2015, j’ai vu exploser le nombre de postes en responsabilité sociale des entreprises (RSE), déclare Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers à impact positif. Les cabinets spécialisés grossissent ; les grandes entreprises se dotent d’une direction RSE ; les métiers à double casquette (marketing responsable, finance responsable…) se développent ; un nouveau métier naît : manager de mission ; L’Oréal et PWC demandent à tous leurs salariés d’avoir des compétences en RSE. » Et dans les cabinets spécialisés en finance responsable, « il y a pénurie de compétences ». Certes, les offres d’emploi de directeur RSE ne sont pas pléthoriques, mais ce marché de l’emploi est d’abord un « marché caché » essentiellement constitué d’emplois à double casquette, explique André Sobczak, titulaire de la chaire Impact positif d’Audencia Business School.

Les attentes en matière de RSE sont fortes également du côté des étudiants qui « veulent de plus en plus travailler dans des entreprises à impact positif », explique Agnès Rambaud-Paquin, directrice associée du cabinet de conseil en responsabilité sociale Des enjeux et des hommes.

Évolution du positionnement des écoles de commerce

Pour répondre à cette demande de compétences en RSE, qui reste forte malgré la crise sanitaire, selon Caroline Renoux, les écoles de commerce font évoluer leur positionnement. Grenoble École de Management est ainsi devenue une société à mission en mars dernier. La Kedge Business School fait passer à ses étudiants le Sulitest, afin de mesurer leurs connaissances en développement durable. Le contenu pédagogique évolue. « Audencia a choisi d’intégrer la RSE dans ses enseignements, la sanctuariser dans un master spécialisé n’aurait pas de sens car un jeune diplômé ne peut prétendre imposer la RSE à son employeur », analyse André Sobczak.

Un savoir-faire, plus que des compétences techniques

Le déploiement de la RSE suppose moins des compétences techniques qu’un savoir-faire : « Avoir la bonne posture pour ne pas être seulement dans le refus ; disposer d’une bonne connaissance de l’activité de l’entreprise ; développer son réseau ; savoir conduire le changement et des projets transversaux ; faire preuve d’audace et de ténacité », liste Caroline Renoux. Une posture d’écoute des parties prenantes qui s’acquiert « par soi-même ou sur internet », et donc pas forcément à l’école concède André Sobczak.

Les business school sont en outre confrontées à une difficulté : la RSE n’entre pas dans les critères de classement des écoles. Avant de se décider à dépenser 15 000 euros par an en frais de scolarité, les candidats et leurs parents ont encore tendance à vérifier le salaire à la sortie de l’école.


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