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Pourquoi un centre de quarantaine au CISE

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jeudi 13 février 2020, par marie-lise.calabretto

Alors que la Nouvelle-Calédonie est à cette heure toujours indemne de cas de coronavirus, le gouvernement poursuit son plan d’actions. Avec deux objectifs : empêcher l’introduction du virus sur le territoire, mais aussi anticiper la gestion des éventuels cas à venir.

Entouré des membres du gouvernement en charge de la santé, de la jeunesse et des sports, et de l’enseignement et de la famille, des directions des Affaires sanitaires et sociales (DASS) et de la Jeunesse et des sports (DJS), de représentants de l’État et de la directrice de la délégation locale de la Croix-Rouge française, le président du gouvernement Thierry Santa a tenu à présenter ce plan d’actions « en toute transparence » aux habitants de Dumbéa. « Je ne pouvais déléguer à personne cet échange que je vous devais sur ce sujet fondamental, a-t-il déclaré à la centaine de personnes présentes à l’école L’Oasis où s’est tenue la réunion. Vos questions sont légitimes et nous allons y répondre. »

Près de 120 personnes ont assisté à la réunion. Parmi elles, des riverains du CISE et des parents d’élèves de l’école L’Oasis.

 

Transparence et pédagogie

Parole a alors été donnée à la DASS pour un exposé sur le coronavirus : son apparition en Chine, ses symptômes, son mode de transmission, les conduites à tenir pour s’en protéger (voir le document à télécharger), etc. La veille sanitaire opérée par la DASS et les différentes mesures de renforcement du contrôle sanitaire aux frontières ont également été détaillées, ainsi que la gestion du cas suspect de la semaine dernière qui a finalement été écarté.

Une introduction menée avec pédagogie qui a permis d’ouvrir le débat sur l’installation d’un centre de quarantaine dans l’actuel CISE de Koutio. Placé sous la surveillance sanitaire de la DASS, il sera opérationnel dans les prochains jours. La délégation calédonienne de la Croix-Rouge contribuera à son fonctionnement au plan logistique (conciergerie) et offrira un soutien psychologique aux personnes accueillies.

Schéma à l’appui, le Dr Martine Noël, médecin de santé publique à la DASS, a présenté les caractéristiques connues du coronavirus.

 

Pourquoi un centre de confinement est-il nécessaire ?

« Une quarantaine, c'est un endroit on l’on rassemble des personnes qui ont été en contact avec une personne potentiellement atteinte par le virus, a expliqué le directeur de la DASS, Jean-Alain Course. Il s’agit donc des personnes qui ne sont pas malades mais que, par mesure de sécurité, l’on isole du reste de la population pendant quatorze jours, pour éviter tout risque de propagation de la maladie. Des mesures de sécurité extrêmement strictes sont mises en œuvre à l'intérieur de ce site pour faire en sorte qu'il n'y ait aucun contact avec l'extérieur. Cela n'est donc pas un centre de vacances ! »

Le site sera surveillé jour et nuit par les forces de l’ordre. Les personnes placées en quarantaine – 80 places environ – ne pourront donc quitter leur chambre à leur guise. Elles devront pour cela porter un masque « qui constitue une barrière très efficace dans la mesure où le virus ne peut se transmettre par voie aérienne à plus d’un mètre de distance », a souligné un médecin de la DASS. Leur état de santé sera surveillé quotidiennement et leur hospitalisation sera immédiate en cas d’apparition de symptômes ou d’un résultat positif au test de dépistage. « Ces mesures, a assuré Thierry Santa, permettent de garantir l'absence de risque de propagation du virus entre les personnes à l'intérieur du site, mais aussi et surtout vers l'extérieur du centre. »

Le choix du CISE

« Proximité du Médipôle, fermeture complète du site, des conditions de vie correctes pour les personnes et un espace de restauration », telles sont les quatre conditions qui ont motivé le gouvernement à réquisitionner le CISE pour y établir un centre de quarantaine. « Si par malheur, a ajouté Thierry Santa, un cas se déclarait dans l’un des avions qui se posent à La Tontouta, je n'aurais pas d'autre choix que de prendre les mesures qui s'imposeront à moi, en tant que président du gouvernement chargé de la sécurité sanitaire des Calédoniens*, pour empêcher cette propagation du virus en Nouvelle-Calédonie. »

À l’écoute des inquiétudes de la population, le président s’est néanmoins engagé à « continuer les recherches pour envisager un autre site. » « Nous sommes dans l'anticipation maximale, a-t-il assuré, et nous étudions déjà d’autres possibilités qui pourraient être nécessaires dans le cas d'une épidémie beaucoup plus large. »

* Dans son article 134, la loi organique du 19 mars 1999 prévoit que « dans les matières relevant de la compétence de la Nouvelle-Calédonie (à l’instar de la santé - Ndlr), le président du gouvernement exerce les pouvoirs de police administrative et le pouvoir de réquisition ».

 

À partir de demain, vendredi 14 février, un numéro vert est mis en place par la DASS.


Il s’agit du 05 02 02.


Ce numéro s’adresse à l’ensemble des Calédoniens qui se posent des questions sur le coronavirus Covid-19 et sur les précautions à prendre. Il fonctionne de 8 heures à 16 heures 30. Au-delà de cet horaire, les personnes peuvent laisser un message et une réponse leur sera donnée dans les plus brefs délais.


Voir en ligne : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie